Zones de FAT du site de production de BWT Pharma & Biotech à Aesch (Suisse).
Acteur du traitement de l'eau, le groupe BWT a récemment décidé d'opter pour une stratégie de spécialisation sur le créneau des industries pharmaceutique, cosmétique et des biotechnologies. Il a ainsi filialisé cette activité déjà existante en Europe (Allemagne, Suisse, France, Espagne, Italie, Irlande et UK), Chine et aux États-Unis. C'est en mai dernier que la filiale BWT Pharma & Biotech France a été créée. La direction de cette entité a été confiée à Raphaël Gallais, directeur général. « Notre objectif est de devenir le leader mondial et partenaire de référence pour le traitement de l'eau à usages pharmaceutiques, cosmétiques et biotechnologiques, affirme Pierre Cullmann, qui prend lui le poste de responsable division chez BWT Pharma & Biotech France, dans la continuité de ses activités. Nous misons sur une expertise dédiée, la proximité de nos équipes locales et un savoir-faire hyperspécialisé. » L'entité française compte 60 collaborateurs - dont 25 techniciens - répartis dans 7 agences régionales, pour être proche des sites clients auxquels elle propose de nombreux services (conception, exécution, qualification, mise en service et maintenance des équipements).
Au total, BWT Pharma & Biotech emploie 600 collaborateurs dans le monde et dispose de 7 sites de production (Boston aux USA, Dublin en Irlande, Soresina en Italie, Aesch en Suisse, Malmö en Suède, Shangaï en Chine, Bietigheim-Bissingen en Allemagne). 15 agences et 50 partenaires commerciaux (capables notamment d'assurer la maintenance) complètent le réseau.
Agrandissement du site suisse en 2024

© BWT Marc Barral Baron
Le centre de production européen pour les eaux à usages pharmaceutiques (EPU, EPPI à froid et à chaud, vapeur pure), à Aesch près de Bâle en Suisse, a été agrandi en 2024 pour répondre aux besoins du marché et aux ambitions du groupe. Il compte désormais 1 280 m2, dont 3 zones de FAT (Factory acceptance test) dotées de système d'utilités qui pour tester les machines avant la livraison chez les clients. Les capacités en eau purifiée (EPU) et eau pour préparation injectable (EPPI) vont jusqu'à 40 m3/h (jusqu'à 15 m3/h pour la distillation). « À Aesch, comme sur l'ensemble de nos usines, nous faisons très attention à limiter notre impact carbone et à préserver la ressource », souligne Pierre Cullmann.
La sobriété à tous les niveaux
La sobriété est aussi l'un des grands enjeux qui guident les innovations proposées par l'entreprise aux clients industriels. « Les installations sont étudiées et optimisées pour être plus économes (retraitement, récupération et recirculation) », note Pierre Cullmann. Avec l'autorisation de la technologie membranaire pour la production d’EPPI, BWT propose une solution équipée d’un module d’électrodéionisation. Celle-ci permet de réduire les consommations d’énergie et d’eau, l’empreinte carbone et les coûts d’exploitation, tout en garantissant une qualité conforme aux pharmacopées européenne et américaine. Une vanne-bloc permettant la régénération à contre-courant réduit, par exemple, de 35 % la consommation d'eau. À la demande des industriels qui recherchent à optimiser leurs surfaces, la compacité a été améliorée pour réduire l'empreinte au sol. Une meilleure ergonomie est aussi exigée pour faciliter la maintenance.
Autre enjeu de taille : la révision de l’Annexe 1 qui a renforcé les exigences en matière de surveillance de la charge microbienne. Une stratégie de contrôle de la contamination en continu est donc essentielle. BWT a introduit une méthode alternative basée sur la cytométrie en flux, qui a obtenu une validation primaire, adaptée à la surveillance en ligne entièrement automatisée de la charge microbiologique. L'instrument qui en résulte combine une sélectivité maximale pour les micro-organismes vivants et des mesures en ligne entièrement automatisées. Le principe de base de la mesure par cytométrie en flux consiste à détecter et à quantifier les particules en suspension présentes dans un échantillon d’eau, en colorant les cellules avec des marqueurs fluorescents permettant de les distinguer des particules inorganiques. L’échantillon d’eau est concentré en un étroit courant et éclairé par un faisceau laser focalisé. L’enregistrement par des détecteurs optiques de la diffusion de la lumière et de la fluorescence émise révèle alors des informations multiparamétriques.
BWT en chiffres
Toutes activités confondues, le groupe compte 6 000 collaborateurs dans le monde, avec 12 sites de production, et génère un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros. Sa croissance repose sur l'expansion géographique, l'amélioration continue des process et l'innovation. En France, BWT emploie 600 collaborateurs et réalise 145 M€ de volume d'affaires annuel.