Capacité de production actuelle d'Alga Biologics de l'échelle Laboratoire au pilote de 200 litres.
Alga Biologics, basée près de Rouen, a annoncé travailler sur une deuxième levée de fonds de 12 millions d'euros, qui devrait être bouclée en mai prochain. Elle recherche des fonds d'investissement pour environ 40 % de cette somme, le reste provenant de subventions (programme France 2030, Union européenne, BPI France). Elle doit accélérer le développement commercial et implémenter son process de production de protéines recombinantes - incluant des anticorps monoclonaux - à partir de microalgues. À sa création en 2021, une première levée de fonds avait permis de financer un bioréacteur de 200 litres (voir photo ci-contre).

© Alga Biologics
La deeptech souhaite à présent multiplier sa capacité de production par dix pour atteindre 2 000 litres. « À l'avenir, nous comptons doter notre site normand d'installations intégrant des salles propres, précise Muriel Bardor, présidente et cofondatrice de la start-up. En attendant, nous avons signé un accord avec Inits SMO pour la production selon les BPF. » Située à Montpellier, Inits accompagne les entreprises de biotechnologie tout au long de leur parcours de développement pharmaceutique. Son projet Inits SMO est une unité de bioproduction partagée qui permet à ses clients de la biotech de garder le contrôle de leur processus en produisant elles-mêmes leurs lots (relire l'article du 28 janvier 2025). Le partenariat se concentrera sur la production d'un lot conforme aux BPF d'un anticorps monoclonal ciblant le neuroblastome pédiatrique, un cancer rare et agressif de l'enfance. « C'est une étape stratégique pour Alga Biologics. Leur expertise en matière de réglementation, d'assurance qualité et de production GMP accélérera notre mission », affirme Muriel Bardor.
« Nous cultivons des microalgues marines pour produire des anticorps, qui sont utilisés pour le moment dans des kits de diagnostic, explique-t-elle. Nous voulons ainsi remplacer les cellules mammifères et éliminer le risque de contamination virale. Cette solution apporte une consommation d'énergie plus faible, des coûts réduits et une production presque neutre en carbone. » L'entreprise entend passer à l'étape supérieure. « Nous devons faire maturer la technologie et démontrer que nous sommes capables de respecter les BPF pour atteindre d'ici 2028 le marché pharmaceutique », conclut Muriel Bardor.