Le premier prototype VeliPod, un dispositif qui assure la production rapide et mobile de plasma sec.
Le Centre de transfusion sanguine des armées (CTSA) teste actuellement l'efficacité du premier prototype VeliPod (développé par la société Velico Medical), dans ses locaux à Clamart (Hauts-de-Seine). Cette innovation, conçue pour assurer une disponibilité rapide de produits sanguins vitaux, renforce sa capacité à améliorer la prise en charge des blessures hémorragiques sur les théâtres d’opérations et à répondre aux enjeux de la haute intensité. La blessure hémorragique, première cause de décès, s’impose comme un défi médical majeur en médecine militaire.
Contrairement au plasma lyophilisé universel historique (PLYO) produit par le CTSA, par un processus de sublimation (produire par le froid), le VeliPod conçoit du plasma sec en utilisant un procédé de dessiccation (l’assèchement par la chaleur). Le système comprend deux conteneurs : l'un permet de dessécher le plasma collecté à l'aide d'un appareil de stérilisation à l’air chaud et l'autre contient deux appareils aux rôles distincts (la première machine sépare l’eau du plasma et la seconde isole le plasma à l’intérieur d’un kit plastifié). La poche est ensuite scellée par des soudures et prête à l’emploi et facile à stocker.
Contrairement au PLYO, dont la production est fixe, le plasma sec via VeliPod est conçu dans deux containers mobiles, nécessitant uniquement une alimentation en eau et en électricité. « Le VeliPod permet une fabrication en environnement propre mobile, sans recourir à des infrastructures lourdes de types salles blanches », précise le médecin chef des services hors classe (MCSHC) Jean-Jacques Lataillade, directeur du CTSA.
La production d’une poche ne prend que 45 minutes et sa réhydratation seulement 3 minutes avant d’être transfusé à un blessé hémorragique. « En 48 heures, cette innovation peut produire 64 poches de plasma », annonce Jean-Jacques Lataille. Le VeliPod doit subir une année d’évaluations pour mesurer sa performance sur le terrain. « Nous allons aussi soumettre un dossier à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Si les résultats sont concluants, nous envisageons une acquisition de plusieurs équipements pour massifier la production », observe le médecin chef des services.