En dix ans, le nombre d’acteurs des biothérapies et de la bioproduction a doublé en France, selon un récent rapport de Bpifrance et MabDesign. La filière nationale compte désormais plus de 1 000 entreprises spécialisées dont 259 sociétés biopharmaceutiques, 801 prestataires de services, 76 CRO et 21 CDMO spécialisées dans la production. Selon les auteurs de cette étude, cette dynamique se reflète également dans un pipeline diversifié : anticorps monoclonaux, thérapies géniques et cellulaires, vaccins, mais aussi nouvelles approches issues du microbiote ou des exosomes.
Deuxième place européenne
Avec 578 candidats biomédicaments, la France se hisse à la deuxième place du classement européen, devant l’Allemagne, mais reste loin derrière les États-Unis et la Chine, qui concentrent à eux seuls environ 50 % du pipeline mondial. L’Europe représente environ un cinquième du total, portée par le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Suisse et la Belgique.
« Ce résultat confirme que la France est désormais sur la bonne trajectoire, mais il nous rappelle aussi l’exigence de maintenir l’avance acquise, dans un contexte géopolitique tendu où l’autonomie sanitaire et industrielle est plus que jamais stratégique », indique Anne Jouvenceau, coordinatrice de la stratégie biothérapie et bioproduction à l’Agence de l’innovation en santé (AIS).
Des fragilités structurelles persistantes
Malgré cette dynamique, plusieurs points de fragilité subsistent. Le rapport souligne la difficulté à faire croître les jeunes entreprises et à transformer les start-ups en acteurs intermédiaires capables de soutenir un développement industriel à long terme.
Le financement privé reste également un frein. La multiplication des sociétés accentue la concurrence pour l’accès aux fonds, alors que les besoins en capital augmentent avec la complexité des développements cliniques.
En 2024, la filière a enregistré 48 transactions, pour un montant total estimé à 6,5 milliards d’euros. Parmi elles : 27 levées de fonds, 11 partenariats de co-développement et plusieurs fusions-acquisitions. sociétés comme Brenus Pharma, Innate Pharma ou BrainEver figurent parmi les principaux bénéficiaires.
Le rapport Bpifrance – MabDesign met en avant plusieurs priorités pour la période à venir : développer le pipeline clinique, soutenir le passage en phase III, renforcer les capacités de bioproduction sur le territoire national et consolider la souveraineté industrielle.